LES LETTRES ENTRE LE CORBUSIER ET PEYRON

La première lettre que Albin Peyron adresse à Le Corbusier est sur un papier à en-tête de la compagnie des lampes, société dans laquelle Albin travaillait. Elle date du 1er août 1934

 

Cher Monsieur,

 

Lors de l’inauguration de la cité du refuge, je vous avais fait part de mon désir de construire au bord de la mer, un petit pied-à-terre pour les vacances.

Je viens de me rendre acquéreur d’une parcelle de 1000 m2 environ à la plage des Mathes (Charentes Maritimes).

Cette plage est bordée de dunes sur 400 à 500 m puis de forêts de pins, forêts domaniales qui n’a mis en vente qu’une tranche de terrain le long d’un chemin arrivant à la plage.

La plage des Mathe se trouve à 20 km au nord de Royan et à 4 km au sud du phare de la Coubre et est exposée au sud- Sud Ouest.

La parcelle achetée est presque en bordure de la dune et est légèrement baissée comme vous pourrez vous en rendre compte par les photos ci-jointes.

 

La possibilité de bâtir dépendra du coût de la construction, car je peux envisager de camper pendant une ou deux années.

Aussi, je me permets de vous faire une demande sans engagement formel de ma part pour connaître quel serait le prix approximatif d’une construction du genre de celle dont je vous remets ici quelques croquis.

 

Ces croquis ont été faits sur un cahier de note assis face au terrain, et vous en excuserez la facture et la mauvaise présentation.

Ils vous donneront, toutefois, une idée de mes desiderata, dont vous reconnaîtrez certainement l’influence car vous savez que depuis des années je suis un fervent admirateur de tout ce que vous faites ou avez projeté.

 

Je sais qu’au village des Mathes situé à 4 km, se trouve deux entre-preneurs, qui d’après les villas que j’ai vu construites par eux, sont capables de travailler à des conditions fort raisonnables.

 

Il va sans dire que, si dans vos cartons, vous avez quelques projets de petites villas répondant aux desiderata suivants: une grande chambre commune, une chambre pour deux filles, une chambre pour un garçon, une chambre pour les parents, une chambre pour deux domestiques, éventuellement une chambre pour amis, et qui me permettent

d’apercevoir la mer de la chambre commune, c’est-à-dire à la hauteur des yeux par rapport au sol 3,50 m par 4 m, je serai très heureux

de venir les consulter chez vous.

 

En vous remerciant à l’avance je vous prie d’agréer, Cher Monsieur, l’expression de mes sentiments distingués.

 

Albin S. Peyron

Croquis accompagnants la première lettre du 1 août 1934 et réalisés le 27 juillet 1934.
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